B - L'approche appropriative est basée sur des principes fondamentaux.
 
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  L'approche proposée est basée sur une démarche organisée rationnellement en fonction des troubles du comportement pour arriver à trouver des moyens d’adaptation pour les proches et de réadaptation contextuelle pour les personnes cérébrolésées.

  L'approche est appropriative parce qu’elle est basée sur l’appropriation et donc sur l’adaptation des attitudes et des modes de communication des proches et des intervenants, mais également sur le fait que la personne cérébrolésée doit pouvoir s’approprier ses déficiences et ses troubles pour trouver les moyens de les compenser.

  Les principes appropriatifs seront en fait des règles générales théoriques qui guideront la conduite des proches et des accompagnants. Ils devront permettre à la personne cérébrolésée de s’approprier ses déficiences dans un contexte environnemental favorable.


I - Pourquoi proposer une approche basée sur des principes appropriatifs ?

  La nouvelle place de la personne cérébrolésée lors du retour dans la vie sociale et familiale n’est pas évidente et il faut qu’elle puisse se trouver dans une situation écologique valorisante et stimulante en se sentant comprise et appréciée.

  Le fonctionnement intime du cerveau n’est pas accessible aux tiers, mais il subit des influences environnementales d’ordre émotionnel.
  La plasticité cérébrale a besoin d’être stimulée positivement pour compenser les déficiences cognitives et donc les troubles émotionnels qu’éprouve la personne cérébrolésée.
  L’attitude et la communication des proches, des accompagnants et des intervenants doivent s’articuler dans un contexte environnemental favorable.

  La personne cérébrolésée doit pouvoir s’approprier ses déficiences cognitives selon des principes appropriatifs afin de les comprendre et de les combattre pour essayer de les compenser en les acceptant ou les éliminer plus ou moins. L'approche appropriative est basée sur un accompagnement social individuel ciblé sur les déficiences cognitives et en tenant compte de la personnalité du blessé dans son environnement avec la participation active des proches qui doivent pouvoir s’adapter à une nouvelle forme de communication.

  L’accompagnement social actuellement proposé par les services spécialisés n’est pas suffisamment adapté aux déficiences cognitives et doit être modifié dans son approche globale sous l’angle appropriatif. Le rôle des services d’accompagnement spécifique n’est  pas satisfaisant dans son approche psychologique ordinaire souvent inappropriée et l’information ainsi que l’aide apportée aux proches est trop basée sur le conflit des souffrances et pas assez sur l’adaptation qui ouvre les portes de l’appropriation.

  L’accent n’est jamais suffisamment mis dans la prise en charge sur des modes de communication adaptés spécifiquement à la personne cérébrolésée qui tiennent compte en permanence  de ses déficiences cognitives et de l’anosognosie qu’elle subit altérant sa capacité à respecter les codes sociaux de communication et de dialogue habituel.

  Les proches décrivent souvent les troubles du comportement de la personne cérébrolésée comme des évènements surprenants, incompréhensibles et incohérents.
  Les intervenants professionnels ne corrigent pas assez la subjectivité qui conduit à considérer les troubles du comportement  sous un angle caricatural et péjoratif.
  Le découpage technique des déficiences cognitives en neuropsychologie ne contribue pas à gommer la vision caricaturale qui s’est installée à leur égard.

  L'approche appropriative est la seule solution  intégrant des principes qui permettra à la personne cérébrolésée de trouver en elle les moyens de compenser le meilleur contexte relativement possible ses déficiences cognitives.
  La rééducation cognitive est un postulat qui ne peut pas fonctionner pour deux raisons basiques, 1 - on ne rééduque pas des connexions neuronales déficientes, la plasticité cérébrale s’en charge et 2 - l’anosognosie constitue un obstacle majeur dans la communication avec la personne cérébrolésée.
  La rééducation cognitive est un pis-aller pour les intervenants professionnels alors qu’on peut aborder la récupération cognitive sous l’angle appropriatif, mais cela suppose un investissement en temps très important.

  L’anosognosie qui constitue un obstacle majeur dans la communication avec la personne cérébrolésée pourrait être considérée comme du déni et donner une fausse vision des troubles du comportement. Les principes appropriatifs de la méthode s’attacheront à cibler quand il s’agit d’une vraie méconnaissance ou d’un simple refus.

  Le cadre familial et l’accompagnement social devront développer une communication et des attitudes selon des principes appropriatifs dans un contexte écologique environnemental adapté pour permettre à la personne cérébrolésée de s’approprier ses séquelles cognitives pour trouver en elle les moyens de compensation.

  L'approche appropriative est une démarche allocentrique qui doit permettre d'établir des modes de communication qui stimuleront la personne cérébrolésée sans la heurter, dans le respect de ses souffrances dans un cadre valorisant et motivant.


II - Quand et pour qui est destiné approche basée sur des principes appropriatifs ?                                                                                                         Retour au sommaire

  Il est important de bien cerner à quel moment de la vie du blessé une communication minimum est possible et surtout à qui est destiné l’approche appropriative en fonction de l’état de gravité qui déterminera les possibilités d’interactions sociales.

  1 - Quand peut-on appliquer une approche basée sur des principes appropriatifs ?

  La réponse pourrait être quand la personne cérébrolésée en a réellement besoin, mais cela entraine une autre question « quand en a-t-elle réellement besoin  ?».

  Une approche basée sur des principes appropriatifs pourra s'appliquer dès la phase d'éveil à l'hôpital, car il sera impératif que la personne cérébrolésée puisse être rassurée sur ce qui lui arrive afin de ne pas laisser s’installer des doutes et des souffrances qui deviendront récurrentes.

  L’aide à l’appropriation devra être mise en place progressivement au cours de la période d’hospitalisation à partir des principes appropriatifs tel que l’emploi du mode interrogatif dans la communication.

  L’accompagnement social pourra chevaucher la période d’hospitalisation pour préparer le retour à la vie sociale. Il faudra également aider les proches à mieux comprendre les conséquences des déficiences préalablement au retour à la vie sociale et familiale.

  La personne cérébrolésée a réellement besoin que les modes de communication et les attitudes appliquent des principes appropriatifs à tous les stades du parcours depuis l’hospitalisation jusqu’au retour à la vie sociale et familiale.

  Les besoins seront totalement différents et évolutifs en fonction du stade du parcours de réadaptation de la personne cérébrolésée.

  L’application des principes appropriatifs sera permanente dans les modes de communication, quel que soit le stade du parcours  de la personne cérébrolésée.

  2 - Pour qui et donc à qui s'adressent une approche basée sur des principes  appropriatifs ?

  Si on peut considérer que l’essentiel des principes qui permettent l'appropriation est destiné à des personnes cérébrolésées qui doivent bénéficier d’un accompagnement social donc à celles que l’on classe dans les cas de graves à modérés, on pourra considérer également que les principes de l’approche appropriative s’adressent à toutes les personnes cérébrolésées qui subissent les conséquences de déficiences cognitives si minimes qu’elles puissent être.

  Les principes qui permettent l'appropriation s’adressent donc principalement à des personnes qui ont subi des lésions cérébrales (traumatisme crânien, AVC, anoxie, etc.) entrainant des déficiences cognitives qui génèrent des troubles du comportement.

  Elle pourra également être utile pour aider ou accompagner des personnes qui ont subi un traumatisme psychologique ayant entrainé des désordres cognitifs.

  L’application des principes appropriatifs se fera en fonction des déficiences cognitives de la personne cérébrolésée et de la capacité des proches et des accompagnants à s’adapter aux modes de communication spécifiques.

  L’application d’une approche appropriative est indispensable dans la communication quand la personne cérébrolésée doit bénéficier d’un accompagnement social, mais elle restera importante dans la communication et les attitudes vis-à-vis des personnes cérébrolésées pour lesquelles on estimera à tort ou à raison qu’elles ne doivent pas bénéficier d’un accompagnement social.

  L'appropriation sur un plan général est un ensemble de principes que doivent respecter toutes les personnes proches dans leurs modes de communication et d'adaptation aux troubles cognitifs et du comportement de la personne cérébrolésé.