C - Comment appliquer les principes d'une approche appropriative ?
 
Retour au sommaire

   Il est nécessaire d’expliquer que nos modes conventionnel de communication sont inadaptés la plupart du temps aux séquelles cognitives et surtout aux troubles du comportement, car ils puisent dans des consensus sociaux empreints d’une rationalité plus ou moins inaccessible aux personnes cérébrolésées.


I - Quelques généralités pour situer le contexte dans lequel s'applique les principes d'une approche appropriative.

  Il faut rappeler ici que l'approche appropriative n'a aucune visée ni ambition thérapeutique et ne prétend qu'à apporter une aide à la personne cérébrolésée, aux proches, aux accompagnants, voire  aux intervenants. Cette aide est ciblée uniquement sur les déficiences cognitives entrainant des troubles émotionnels et du comportement.

  L'approche appropriative s'adresse donc aux personnes souffrant de déficiences cognitives acquises, d'origine traumatique ou autre, mais rien que les difficultés cognitives, mais toutes les difficultés cognitives acquises.

  L'approche appropriative établit dans ses principes qu'il n'y a pas de rééducation cognitive possible, car la rééducation implique le respect de consignes strictes alors que la récupération cognitive est liée à la capacité de résilience de la plasticité cérébrale qui ne fait que réadapter des connexions défaillantes à partir de potentialités cognitives acquises qui ne se rééduquent pas, mais se reconstruisent selon des données cognitives personnelles et individuelles de réappropriation.

   La terminologie de fonctions cognitives ne reflète pas suffisamment la complexité des connexions neuronale et leurs processus plastiques de compensation et d ‘adaptation c’est pourquoi dans le cadre d’une  approche appropriative il serait à mon avis plus judicieux d’employer l’expression « processus cognitif ». Le lien vers fonctions cognitives ou processus cognitif donnera plus d’explications sur ce postulat.

  La compensation des désordres cognitifs s’effectue à partir de la capacité du cerveau à établir des connexions neuronales compensatoires, cette capacité est issue de ce que l’on nomme la plasticité cérébrale ou plasticité neuronale.

  L'approche appropriative tient compte du principe que la plasticité cérébrale est conditionnée émotionnellement pour effectuer une organisation neuronale automatique préalablement au raisonnement. Nous n’avons donc qu’une influence indirecte ou subliminale sur la réorganisation primaire des circuits neuronaux par la plasticité cérébrale et cette influence s’appuie sur les conditions psychologiques environnementales dans lesquelles se trouve la personne cérébrolésée.

  Toutes les actions menées tant par la personne cérébrolésée que par les proches et les intervenants doivent aller de concert et donc jouer harmoniquement la même partition où tout le monde joue la même mélodie sur le même tempo.

  Les différentes pages de ce site développeront les concepts et principes de l'approche appropriative préconisée.


II - La personne cérébrolésée doit pouvoir s'approprier ses déficiences cognitives.                                                                                                         Retour au sommaire

  L’appropriation de ses déficiences cognitives par la personne cérébrolésée n’est pas une gageüre, mais elle reste hypothétique et l'on ne connait pas au stade des connaissances actuelles de solution pour une guérison totale des lésions cérébrales. Une approche méthodologique apportera une solution adaptative plus ou moins importante en fonction de la gravité et de la nature des séquelles cognitives ainsi que de l’importance et de la nature des troubles du comportement, mais également de la capacité de résilience et du potentiel cognitif inné et acquis.  

  Les principes qui doivent permettre à la personne cérébrolésée de s’approprier plus ou moins ses déficiences cognitives pour trouver les modes de compensation seront les principes appropriatifs qui régiront les modes de communication et les attitudes qui s’établiront et permettront d’établir un contact de confiance qui ouvrira la porte à une aide appropriée pour le contrôle des émotions et cela permettra donc d’atténuer les effets néfastes des troubles du comportement dans les relations de la vie sociale et familiale.

  L’appropriation par la personne cérébrolésée de ses déficiences cognitives sera liée à la connaissance objective de ses séquelles ainsi qu’au contrôle émotionnel et donc à une réelle prise de conscience de ses difficultés exécutives en dépit des freins que constituent l’anosognosie et les troubles du comportement.

  La cohérence des attitudes et l’adaptation des modes de communication des proches, des accompagnants et des intervenants seront primordiales face à une personne qui en raison de déficiences cognitives rencontre des difficultés exécutives et développe des troubles du comportement.

  La compréhension du handicap cognitif selon les principes d'une approche appropriative, le décodage objectif des troubles du comportement de la personne cérébrolésée ainsi que la pratique de modes de communication et d’attitudes adaptées dans un environnement social, familial, psychologique et  émotionnel également adapté seront les chemins que devront prendre les proches, les accompagnants et les intervenants pour accompagner au mieux la personne cérébrolésée.

  Ces éléments étant énoncé je vais maintenant aborder les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir dans les différentes pages suivantes de ce site.


III - Comment coordonner les principes d'une approche appropriative ?                                                                                                                               Retour au sommaire

  Les principes appropriatifs s’articulent dans tous les domaines de la vie sociale et familiale qui peuvent permettre de stimuler la plasticité cérébrale dans le sens d’une réorganisation neuronale qui par voie de conséquence produira une amélioration de l’adaptation aux déficiences cognitives.

  L'approche appropriative a pour objectif d’améliorer les conditions psychologiques et environnementales dans lesquelles se trouve la personne cérébrolésée à partir de la réceptivité qu’elle est en capacité de déployer en tenant compte en permanence de la personnalité antérieure et du contexte écologique.

  L'approche appropriative a également pour objectif d’améliorer les conditions psychologiques et environnementales des proches en sortant de la subjectivité voir de la caricature dans l’appréhension des troubles cognitifs de la personne cérébrolésée et donc en entreprenant une démarche allocentriste.

  Les modes de communication et les attitudes des proches, des intervenants et des accompagnants devront être adaptés aux déficiences cognitives de la personne cérébrolésée et pourront l’être en appliquant un certain nombre de règles essentielles.

   Les actions à mener dans le cadre d'une approche appropriative sont le plus souvent très simple, mais il est nécessaire de procéder à un découpage en plusieurs chapitres ou pages pour pouvoir les expliquer, car ce qui est compliqué c’est note mode d’existence. Nous vivons donc dans un monde complexe que la personne cérébrolésée simplifie plus ou moins arbitrairement pour pouvoir s’y adapter.

  La compréhension objective et positive du handicap cognitif et des troubles du comportement est étroitement liée aux modes de communication et aux attitudes de tous ainsi qu’à l’environnement écologique, émotionnel et matériel.

  Pour obtenir une réponse ou plutôt des réponses à la question "comment appliquer les principes d'une approche appropriative ?" Il faudra vous plonger dans les différentes pages de ce site, car le sujet est vaste et ne peut pas être traité sommairement sans analyser toutes les ramifications qui en sont constitutives.

Observation importante : En raison du stade actuel des connaissances sur le fonctionnement du cerveau humain, je suis dubitatif et donc je m’interroge sur les possibilités de guérison et peut-être aussi d’amélioration des séquelles cognitives sévères.
Je suis par contre persuadé qu’il y a des possibilités d’amélioration des troubles du comportement induit par les séquelles cognitives sévères, ainsi que  de la vie sociale, en appliquant dans les modes de communication des principes appropriatifs.
 

 


compteur pour blogcompteur pour blog