D - La compréhension du handicap cognitif selon des principes basés sur l'appropriation et l’allocentrisme.
 
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  La bonne compréhension sans subjectivité du handicap cognitif et des troubles du comportement induit est indispensable pour accompagner la personne cérébrolésée, mais elle sera très relative pour le blessé en fonctions de ses séquelles.


I - Principes de base d'une démarche allocentriste basée sur l'appropriation.

  Les principes de base d'une démarche allocentriste basée sur l'appropriation sont fondés sur la bonne connaissance du handicap cognitif tant par la personne cérébrolésée que par les proches, les accompagnants et les intervenants médicaux et paramédicaux.

  Il ne s'agit pas d'une démarche thérapeutique visant à la guérison, mais uniquement d'une démarche pouvant permettre d'améliorer les conditions de vie sociale de la personne cérébrolésée et de son entourage à partir d'une meilleure communication et de meilleures attitudes.

  La bonne connaissance du handicap cognitif qui les concerne pour les personnes cérébrolésées est peut-être une gageüre, voir une utopie, mais je pense qu'elle et la seule voie qui peut conduire à l'appropriation des séquelles et ouvrir ou simplement entrouvrir une porte vers la résilience.

 Les difficultés de compréhension, de cohérence et d’analyse de la personne cérébrolésée sont des obstacles majeurs dans la communication dont il faudra tenir compte en permanence et être en capacité de s'adapter vis-à-vis d'une personne qui souffre de plus ou moins grandes capacités d'adaptation.

  Il faut bannir la subjectivité et les caricatures dans la manière d’aborder et de décrire les troubles du comportement et plutôt essayer de les analyser le plus objectivement possible dans le contexte écologique ou ils se développent. Il faut également relativiser la souffrance provoquée pour l'entourage sans faire de comparaison avec celle subie par la personne cérébrolésée. Il ne s’agit pas d’un concours de souffrances ou l’on cherche à savoir qui est le plus affecté par les conséquences des séquelles cognitives et des troubles du comportement.

  Le contexte écologique actuel, mais aussi celui du passé ainsi que la personnalité antérieure de la personne cérébrolésée sont des éléments qu'il faut savoir analyser le plus objectivement possible, car ils conditionnent la manière d'aborder les relations sociales nouvelles.

  La compréhension du handicap cognitif selon des principes appropriatifs demande une démarche empreinte d’allocentrisme de la part des proches, des accompagnants et des intervenants professionnels.

  La personne cérébrolésée doit pouvoir dans un climat de compréhension, de confiance et de valorisation accéder à la connaissance de son handicap cognitif malgré l’anosognosie pour essayer de plus ou moins se l’approprier et donc trouver en elle les moyens de compensation d'une relative résilience et d’une relative adaptation.


II - Pourquoi la compréhension du handicap cognitif est-elle indispensable ?                                                                                                                     Retour au sommaire

  La compréhension du handicap cognitif est indispensable afin de pouvoir appliquer les meilleurs principes appropriatifs et allocentristes possible en raison de l’incidence sociale et familiale due aux conséquences des déficiences cognitives et aux troubles du comportement.
 Les principales conséquences des déficiences cognitives dans les fonctions ou processus exécutifs sont les troubles émotionnels et du comportement qui peuvent être facteur de graves dysfonctionnements dans les relations sociales et familiales par exemple l’agressivité ou l’apathie.
 Les autres formes de handicap associé d’origine neurologique ou physique seront aussi prises en compte et devront faire l’objet d’une compréhension particulière, mais toujours associée aux déficiences cognitives et aux troubles émotionnels et du comportement et en tenant compte des difficultés que peu plus ou moins éprouvé la personne cérébrolésée pour gérer ses déficiences.

  Pour comprendre sur un plan général les conséquences sociales et familiales des déficiences cognitives et des troubles du comportement qui en découlent, il faut en connaitre les origines qui peuvent provenir concomitamment de la personnalité antérieure de la personne cérébrolésée, des   difficultés d’adaptation et d’acceptation des troubles cognitifs de la personne cérébrolésée et des proches, du contexte écologique environnemental et des modes de communication.

  Il est nécessaire de préciser que les déficiences cognitives ont leur origine dans les lésions neuronales et qu’il n’est pas nécessaire de les décoder puis de les décrypter puisqu’elles peuvent être évaluées objectivement à partir des bilans neuropsychologiques alors que les troubles du   comportement qui ont un caractère aléatoire ne s’évaluent que par des constats écologiques environnementaux successifs dans la vie sociale et familiale.

  La compréhension du handicap cognitif selon les principes appropriatifs s’effectuera correctement si on analyse le plus objectivement possible les situations perturbantes auxquelles on peut être confronté en reliant les troubles émotionnels et du comportement et leurs conséquences aux   déficiences cognitives sans dramatisation et surtout sans vision caricaturale ni stigmatisation.

  La bonne connaissance des origines et des causes des déficiences cognitives et des troubles du comportement induits ainsi que des éventuels handicaps moteurs associés doivent permettre d’en appréhender les causes et d’en mesurer les conséquences objectivement et sans à priori pour adapter   les comportements et les attitudes nécessaires à la communication avec la personne cérébrolésée.


III - Quand la compréhension du handicap cognitif est-elle indispensable ?                                                                                                                          Retour au sommaire

  Les troubles émotionnels et du comportement conséquences des déficiences cognitives n’apparaissent vraiment que lorsque la personne cérébrolésée retrouve une vie sociale, mais ils sont sous-jacents dès la phase de réveil.

  La compréhension du handicap cognitif est indispensable dès qu’une communication même minime est possible avec la personne cérébrolésée.
  La compréhension du handicap cognitif doit permettre d’interpréter et de décoder puis de décrypter les situations difficiles dans l’instant où elles se produisent et dans le contexte écologique environnemental immédiat en tenant compte des déficiences cognitives qui sont à l’origine des troubles émotionnels et du comportement.

  Il s’agira donc d’identifier en chaque circonstance l’origine et la cause des troubles émotionnels et du comportement pour pouvoir les interpréter en les décodant puis les décryptant, mais surtout en dédramatisant les situations.

  C’est à partir des situations vécues et d’une interprétation immédiate exempte de subjectivité que l’on pourra analyser et décoder puis décrypter les troubles émotionnels et du comportement et par voie de conséquence adapter ses modes de communication et ses attitudes.

  C’est donc dans son contexte immédiat que l’évènement comportemental et émotionnel devra être analysé en tenant compte des déficiences cognitives de la personne cérébrolésée qui ne pourra agir qu’en fonction des informations de cohérence qu’elle est en capacité de recevoir, d’analyser et de  synthétiser en raison de ses souffrances émotionnelles et de l’anosognosie qu’elle subit.

  Il existe donc des troubles émotionnels et du comportement récurrent, mais ils sont toujours la conséquence d’un ensemble de facteurs déclenchants qu’il faut pouvoir identifier objectivement à partir des déficiences cognitives, mais aussi des conséquences particulières du handicap neurologique et physique.


 IV - Comment comprendre le handicap cognitif et interpréter les troubles émotionnels et du comportement ?                                                        Retour au sommaire

  Il est nécessaire pour comprendre le handicap cognitif de pouvoir interpréter en les décodant puis les décryptant la violence et les souffrances générées chez la personne cérébrolésée par les déficiences cognitives telles que les troubles de la mémoire, de l’attention divisée, de la concentration, les aphasies, les agnosies, les apraxies, etc.

  Les personnes cérébrolésées reconnaissent seulement le défaut de mémoire par évidence et à un degré moindre les troubles de l’attention, les autres déficiences sont plus ou moins ignorées en fonction du niveau de handicap cognitif, mais aussi parce qu’elles induisent un sentiment d’infériorité.

  Les déficiences cognitives qui sont les éléments constituants du handicap cognitif seront les facteurs générateurs des troubles émotionnels et du comportement qui se conjugueront avec les conditions écologiques environnementales, mais seront toujours en relation avec les modes de communication et les attitudes des proches, des accompagnants et des intervenants.

  La compréhension des déficiences cognitives n’étant observable et constatable que subjectivement par les proches et les accompagnants, il sera nécessaire de faire appel à des intervenants professionnels spécialisés dans la cérébrolésion pour les évaluer à partir notamment du bilan neuropsychologique.
  Les troubles du comportement seront plus difficiles à évaluer par les intervenants professionnels tant lors de consultations qu’à partir de bilans neuropsychologiques alors que les proches en premier lieu et les accompagnants, de par leur proximité avec la personne cérébrolésée, seront plus à même d’en évaluer les conséquences, mais avec hélas une certaine subjectivité et souvent dans un contexte écologique conflictuel.

  Pour interpréter et décoder puis décrypter le plus correctement possible les troubles émotionnels et du comportement, il faut établir dans l’instant des liens objectifs avec les déficiences cognitives et savoir reconnaître les souffrances qu’elles peuvent générer en faisant abstraction de ses propres réactions qui, malgré une certaine bonne volonté, s’avèreront plutôt égocentrées et épidermiques.
  Si les proches considèrent les troubles émotionnels et du comportement à travers le filtre de leurs préjugés, de leurs propres souffrances, ils rencontreront des difficultés ou seront dans l’incapacité d’aider et d’accompagner objectivement la personne cérébrolésée.

  L’analyse que l’on pourra faire des difficultés cognitives et des troubles émotionnels et du comportement devra être faite en relation avec les déficiences cognitives, mais également avec la personnalité antérieure de la personne cérébrolésée dans son contexte social et familial précédant les lésions cérébrales.

  Le contexte écologique environnemental où se produisent les troubles émotionnels et du comportement est le premier élément de situation à prendre en compte avant d’établir les liens avec les déficiences cognitives.

  Il sera important pour les proches et les accompagnants d’envisager par anticipation les conséquences potentiellement déductibles des déficiences cognitives, mais toujours en relation avec le niveau de handicap depuis celui qu’on qualifie de léger jusqu’à celui qu’on qualifie de grave afin de résoudre  préventivement, mais objectivement les difficultés et les problèmes que rencontre la personne cérébrolésée et qui n’étant pas résolus pourraient générer des troubles émotionnels et du comportement.

 Les modes de communication et les attitudes bien adaptés seront les moyens de gagner la confiance et de valoriser la personne cérébrolésée pour qu’elle puisse s’approprier l’aide apportée par les proches, les accompagnants et les intervenants pour résoudre ses difficultés et ses problèmes.

 Il ne faudra jamais se fonder aveuglément sur des troubles émotionnels et du comportement qui se répètent pour interpréter, décoder puis décrypter des situations, car ils peuvent être une reproduction identique due aux mécanismes de la plasticité cérébrale par lesquels le cerveau est capable de se  modifier par l'expérience. En l’occurrence l’expérience reproduit des circuits neuronaux mémorisés, mais perturbés par des émotions récurrentes.

 Il y aura quand même toujours un lien entre les différentes situations de troubles émotionnels et du comportement, mais ils seront toujours conditionnés dans l’instant situationnel par le contexte écologique environnemental et les attitudes des proches, des accompagnants et des intervenants.

 Il faut savoir mesurer objectivement le niveau de cohérence exécutive analytique et synthétique relatif des personnes cérébrolésées en fonction des situations et des évènements qu’elle subit. L’action des processus exécutifs est plus ou moins linéaire et brute de décoffrage en fonction de l’intensité émotionnelle induite dans l’instant de l'évènement et toujours en relation avec l’importance des déficiences cognitives qui induisent des troubles émotionnels et du   comportement.
 L’anosognosie joue un rôle de brouillage prépondérant et récurrent dans les fonctions exécutives induisant une augmentation des actions linéaires brute de décoffrage quand la personne cérébrolésée se trouve en situation émotionnelle forte dans un contexte écologique défavorable.

 Les personnes cérébrolésées n’identifient peu ou pas et ne maitrisent peu ou pas les troubles émotionnels et du comportement quand ils se produisent en raison de l’anosognosie.
 Elles ne sont donc pas à même de mesurer les difficultés qu’elles peuvent rencontrer dans les domaines qui sont reliés aux déficiences cognitives et pourtant seule l’appropriation objective et la connaissance de ses déficiences cognitives et de ses troubles émotionnels et du comportement lui  permettront de trouver les moyens de plus ou moins les compenser.

 La compréhension objective et empreinte d’allocentrisme par les proches, les accompagnants et les intervenants, du handicap cognitif et des troubles du comportement induits doit permettre d’aider la personne cérébrolésée à s’approprier ses déficiences cognitives dans un cadre écologique environnemental et émotionnel adapté ainsi qu’avec des modes de communication et des attitudes également adaptées


V - Il faut appréhender le handicap cognitif en fonction de l’âge et de la gravité des déficiences cognitives.                                                              Retour au sommaire

  Le handicap cognitif variera considérablement en fonction de l’âge de la personne cérébrolésée et de la gravité des lésions cérébrales et si ce constat parait évident il est en fait extrêmement complexe, car de nombreux autres facteurs pourront intervenir par exemple le contexte environnemental,   familial et social sans oublier la personnalité antérieure.

  La compréhension du handicap cognitif devra donc prendre en considération l’âge de la personne cérébrolésée, mais en différenciant les enfants des adultes, car les conséquences des lésions cérébrales seront très différentes en fonction du degré d’acquisition et d’apprentissage et donc du niveau fonctionnel des processus cognitifs.

L’âge, l’expérience acquise, le niveau culturel et condition écologique existentielle devront être prise en compte pour mettre en place un accompagnement basé sur l’appropriation.

  Une personne pourra avoir de graves lésions cérébrales et de légères déficiences cognitives et une autre des lésions modérées à légères lésions cérébrales et de graves déficiences cognitives.  L’origine et la localisation des lésions cérébrales peuvent expliquer ces différences, mais aussi la capacité de résilience cognitive de la personne.

Les troubles du comportement ne sont pas systématiquement le corolaire des lésions cérébrales, car la aussi l’âge, l’expérience acquise, le niveau culturel et les conditions écologiques existentielles auront une influence prépondérante.

  Pour appliquer les principes de la méthode appropriative, il sera nécessaire d’identifier les déficiences cognitives qui auront été évaluées ainsi que les troubles du comportement constatés en tenant compte du contexte social et familial et de la personnalité antérieure.


VI - La compréhension du handicap cognitif est fondamentale pour l’appropriation et l’allocentrisme.                                                                        Retour au sommaire

  La compréhension du handicap cognitif constitué des déficiences cognitives générant des troubles émotionnels et du comportement est la base sur laquelle s’appuient les principes appropriatifs et la démarche allocentriste.

  Le handicap cognitif et ses conséquences doivent pouvoir être interprétés, décodés puis décryptés afin d’apporter à la personne cérébrolésée la meilleure connaissance possible et objective de ses troubles et de la part des proches et des accompagnants pouvoir mettre en place un accompagnement social et familial approprié et maitrisé dans un climat de confiance et de valorisation.

  Il sera donc très important d’avoir des attitudes empreintes d’allocentrisme le plus objectif possible, sans caricatures ni stigmatisations des troubles émotionnels et du comportement et de leurs conséquences sur les processus exécutifs.

Je vais aborder dans les chapitres suivant les modes d’une communication adaptée qui sont essentielle et fondamentale dans la communication.
 

 


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